Les Sans-repos

Publié le par Eryndel Lùvalan

Composé le 7 février 2009, ce texte mêle poésie et récit.


Comme elle avait sommeil... Autour d'elle, le monde s'assombrissait de plus en plus, et pourtant, elle ne pourrait pas se reposer. Pas encore. Peut-être jamais. Elle aurait voulu que l'on vienne pour elle, elle désirait ardemment fermer les paupières et ne plus rien entendre, ne plus rien rien sentir, ne plus rien voir jamais... Mais c'était impossible, las ! pour la dernière de sa lignée...
Elle posa une main blanche et fine sur l'appui de la fenêtre, et soupira. La chaleur de ce soir d'été ne pouvait la réchauffer, pas plus que l'épaisse robe de laine qu'elle portait. Sa peau marmoréenne faisait paraître gris son blanc vêtement.
Comme elle avait sommeil... Il faisait nuit maintenant. Mais le repos lui était refusé.
Dans le visage de porcelaine où les yeux seuls semblaient animés par la vie, sa bouche s'ouvrit, dévoilant des canines acérées, et un chant s'échappa de son coeur sans espoir :
"Nous sommes les sans-repos,
Les éternels damnés.
Nous est fermé le tombeau,
A nous les condamnés.
Nous sommes les sans repos.
Immortels assoiffés,
Nous aspirons au tombeau,
Nous les désespérés.
Nous sommes les sans-repos
- Soleil, délivre-nous !
Mène-nous au tombeau,
Soleil, libère-nous..."

Sa décision était prise. Demain, elle contemplerait, pour la première et dernière fois, l'aube superbe et généreuse... et le vent disperserait ses cendres, tandis que son âme, libérée, s'envolerait enfin.


©eryndel

Publié dans textes brefs

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A
<br /> <br /> ces mots bout à bout <br /> <br /> <br /> engendre des phrases qui deviendront<br /> <br /> <br /> dans un sens très pure un texte.<br /> <br /> <br /> toujours n'est pas à ceux<br /> <br /> <br /> qui détournent le sens<br /> <br /> <br /> sans en avoir la formule explicative.<br /> <br /> <br /> la tendresse est une des plus forte expression<br /> <br /> <br /> à dissimuler avec ces mots jongleurs.<br /> <br /> <br /> l'amour est plus franche dans le style éphémère.<br /> <br /> <br /> la crainte retient l'attention des rétrogradés.<br /> <br /> <br /> l'humour est le style à double envergure, des fois.<br /> <br /> <br /> la peur se dessine dans le ton.<br /> <br /> <br /> la mort n'ai pas déscriptible, les mots n'apporteront<br /> <br /> <br /> que réconfort , haine blessée et ravageures.<br /> <br /> <br /> des mots, des mots apportent tout ceci<br /> <br /> <br /> sans doute sans toi...<br /> <br /> <br />           Appocalypse désire.  02/2011.   Stef.<br /> <br /> <br /> <br />
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E
<br /> <br /> Les mots apportent beaucoup, même si on ne les maîtrise pas toujours. A bientôt !<br /> <br /> <br /> <br />