C'était écrit - Chapitre 2 (2)

Publié le par Eryndel Lùvalan

Dans le monde de l’imaginaire

Les lupâos tombaient, d'autres les remplaçaient. Sans cesse s'abattait  l'épée de Madran ; sans fin volaient les flèches d'Ylin. Mais las ! Ses amis et elle allaient être vaincus. La blonde Lumiel avait trépassé. Sans ses soins, le Mage gisait dans son sang, blessé, mourant. Seul le Preux et l'Arc Blanc tenaient encore tête à leurs adversaires. Au loin, dominant ses hordes de monstres depuis une colline, le Chef de Guerre Taciturne observait l'elfe, impénétrable comme toujours, insensible à son succès. Quel homme était-il donc, songeait Ylin, pour se montrer si froid ? Même la victoire le laissait de glace.

A nouveau elle porta la main à son carquois. Il était vide. Lors elle tira son épée du fourreau. De sa lame forgée une nuit de pleine lune, elle se fraya un passage jusqu’à Madran le Chevalier. Malheur... A l'instant même où elle le rejoignait, il tomba, percé par les dards venimeux des ignobles insectes-lézard. Brisée par le chagrin, consumée par la rage, elle trancha les ailes des monstres meurtriers et les laissa agoniser au sol. Puis doucement elle approcha de son aimé, mit un genoux en terre et tendrement épongea son sang.

Elle lui souffla :

« Je le vaincrai. Dussé-je périr en le tuant, je le vaincrai pour tous vous venger. Dussé-je fuir le champ de bataille pour mieux l’atteindre plus tard, je le vaincrai.

Tu le tueras, c’est vrai. Mais lors point ne survivras, car onc ne le permettra Dame Destinée.

Comment savoir si je vaincrai, si je mourrai ? La Fortune est comme le ciel : sans cesse elle change, l’éternelle indécise. Seuls ses caprices nous jettent dans de cruels tourments après nous avoir illuminés d’un semblant d’espoir.

Lors Madran dit tristement :

Vous la blessez, gente Ylin. L’histoire qu’elle crée ne peut être toujours heureuse. Les tragiques légendes que narrent les conteurs ne te font-elles point rêver, malgré le chagrin dont elles gonflent les cœurs ? Ne trouves-tu point quelque charme à ces mythes poignants ? Ainsi que ces conteurs, la Destinée nous crée pour divertir nos dieux. Ainsi que ces conteurs, elle nous fait périr pour que notre légende soit plus belle encore. Lumière et obscurité, bonheur et malheur, vie et mort ne peuvent être séparés.

Écoute, dit-il faiblement, en lui prenant la main. Écoute, car bientôt je ne serai plus. Si tu vis, si point ne meurs au cours de ce combat, pars loin, très loin d’ici, au plus profond de la Forêt des Mystères, par-delà les Montagnes des Dragons de Nacre. Alors entraîne-toi ; initie-toi aux Mystères tenus secrets par le Peuple de la Forêt. Alors tu pourras revenir et vaincre le Chef de Guerre Taciturne. Car si tu survis, il ne mourra point non plus. Mais si tu meurs maintenant, lui aussi périra aujourd’hui. Vos destins sont liés plus étroitement que deux prisonniers enchaînés ensemble. Ne l’oublie point ! Et à présent, va l’affronter. Ma mort est proche, et je veux te voir combattre ce monstre avant de m’en aller. Mais n’oublie pas de fuir lorsque je serai mort !

Las, ne puis-je te sauver ? demanda désespérément Ylin. Et ses larmes coulaient abondamment, diamants liquides sur le velours de sa peau.

Non, car Dame Destinée a déjà envoyé la Mort devers moi. Je le sais, je la vois qui s’avance. Adieu, ô Ylin, mon aimée aux yeux étoilés. »

Lors l’Arc Blanc se releva, et elle ne pleurait plus. Son visage se durcit, les paillettes d’or de ses yeux disparurent derrière les nuages de sa colère. Elle commença à marcher vers son ennemi, et les lupâos qui se pressaient autour d’elle tombaient sans pouvoir l’atteindre.

Au loin, le Chef de Guerre Taciturne l’observait.

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Y
<br /> <br /> je ne sais si c'est dans la réadaptation ou si c'était dans le premier jet mais il ya de belles envolées dans cette nouvelle<br /> <br /> <br /> <br />
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E
<br /> <br /> Merci ! :) Le premier jet manquait un peu de consistance.<br /> <br /> <br /> <br />
R
<br /> <br /> C'est un bouquin qu'il faut publier ça...Bises<br /> <br /> <br /> <br />
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E
<br /> <br /> Le problème, c'est qu'il est trop court pour le moment... 25 pages sous Word. Mais peut-être qu'au fur et à mesure que je le publie ici, je vais parvenir à l'étoffer suffisamment ?<br /> <br /> <br /> Amitiés<br /> <br /> <br /> <br />
C
<br /> <br /> Bonjour Eryndel,<br /> <br /> <br /> Après lecture du chapitre précédent, je ne m'attendais pas à tant de "fureur" tout à coup !<br /> <br /> <br /> Cette nouvelle est décidément pleine de rebondissements et ton imagination des plus surprenantes.<br /> <br /> <br /> Doux week-end,<br /> <br /> <br /> Amitiés,<br /> <br /> <br /> Cathy.<br /> <br /> <br /> <br />
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E
<br /> <br /> Bonsoir Cathy, peut-être est-ce parcer que j'essayais toujours de m'arrêter sur un rebondissement avant de reprendre le fil du récit le lendemain... Ravie, en tout cas, que cela te plaise.<br /> <br /> <br /> Amitiés<br /> <br /> <br /> <br />
C
<br /> <br /> Oh ! Cela va mal ! Mais la bataille est buen décrite. Quelle imagination ! Grosses bises.<br /> <br /> <br /> <br />
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E
<br /> <br /> Cela va très mal, oui. Mais ça va s'arranger un peu...<br /> <br /> <br /> Bises.<br /> <br /> <br /> <br />