Lettre au Père Noël

Publié le par Eryndel Lùvalan

Le 18/11/2010. En réponse au défi de la semaine, pour "L'univers Magique" : Lettre au Père Noël.

 

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Chère Père Noël,

J'et ai était bien sage cet année, et j'ai appris mais lesson, même si j'est du male avec l'orthographe. J'aispére que j'aurait comme même se que  je voudré poure Noël. Aporttez-moi Aportez-moi le dvd colectore des simesonne sil vous plé, et fete que je soit meyeur en orthograf orthographe pour plu que Papa et Maman sois triste.

Bisous,

Valentin.

 

Les parents de Valentin se regardèrent en souriant, tout émus par la lettre bourrée de fautes de leur cher petit. Comment lui en vouloir, quand il faisait tout ce qu'il pouvait pour progresser ? Pauvre petit, ses efforts demeuraient vains...

"Nous devrions lui dire que Noël ne changera rien à ses problèmes, déclara le père, fermement. Autrement, il va être si malheureux le jour de Noël !

- Il ne nous croira pas, chéri. Son cerveau est ainsi fait qu'il ne nous croira pas.

- Il faut le lui dire quand même."

 

Ensemble, il se rendirent dans la chambre de Valentin. L'enfant était assis près de la fenêtre, les yeux grand ouverts sur les illuminations colorées de la ville en fête. Un chant de Noël plein de fraîcheur emplissait la pièce. En entendant la porte s'ouvrir, il tourna la tête et eut un sourire pâle à l'adresse de ses parents. Sa mère, comme toujours lorsqu'elle l'avait sous les yeux, sentit les larmes lui gonfler le coeur : le pauvre enfant était si amaigri, si faible ! Sa tête surtout faisait peur à voir : elle paraissait trop lourde pour son cou frêle, malgré les joues creuses, les cernes profondes, les pommettes saillantes. L'enfant était malade, très malade : une tumeur au cerveau, dans la zone métalinguistique, l'empêchait de bien écrire, et suite à cette tumeur, une hydrocéphalie s'était déclarée. Aussi les lieux ressemblaient à une chambre d'hôpital.

 

"Valentin, mon petit..., commença-t-elle. Mais il lui était impossible de poursuivre, tant l'émotion la tenaillait.

- Valentin, poursuivit son mari, nous avons lu ta lettre au Père Noël. C'est bien joli, ce que tu lui demandes, mais il ne pourra pas t'accorder la guérison, tu sais !

- Pas vrai ! Le Père Noïel... le... Le Père Noël peut tout offrir !

- Non, fiston. Pas tout. La guérison, c'est le docteur qui te l'apportera.

- Le Père Noël est plus fort que le docteur, Papa. Il me guérira avant !"

Ses prunelles trop grandes, dans ce petit visage ravagé par la chimiothérapie, brillaient d'une telle foi en ce qu'il disait  que son père abandonna. Il adressa un sourire à son fils, attira à lui la tête chauve et embrasse le front pâle de Vincent. Sa mère lui envoya un baiser du bout des doigts, et ils sortirent en catimini.

 

 

La veille de Noël, en s'endormant, Vincent était confiant. Il savait que le Père Noël viendrait ! Le jovial barbu rouge lui apporterait son DVD, puis il le prendrait sur les genoux et lui demanderait s'il voulait caressait les rennes ; alors il accepterait, et le renne qui était en tête de l'attelage poserait son nez sur la tête de Vincent ; et Vincent serait guéri ! 

C'est la tête pleine de cette pensée qu'il sombra dans les rêves - des rêves d'espoir, de guérison, ou le rouge et le blanc envahissaient tout - le rouge chaleureux du réconfort et le blanc froid de la neige.

Le lendemain matin, quand sa mère entra dans la chambre pour le réveiller, elle comprit. Le silence était trop profond... Elle approcha, doucement, de son fils étendu sous les draps. Entre ses paupières mi-closes, et sur le léger sourire qui détendait ses traits enfin apaisés, elle pouvait lire : "Je te l'avais bien dit, maman ! Le Père Noël m'a guéri."

Publié dans nouvelles

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A
<br /> <br /> Ce texte honore ta pensée...encore bravo !<br /> <br /> <br /> douce soirée<br /> <br /> <br /> <br />
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E
<br /> <br /> Merci ! Bonne soirée<br /> <br /> <br /> <br />
A
<br /> <br /> Un écrit émouvant qui nous prend le coeur et l'âme...bouleversant...merci Eryndel...bonne journée<br /> <br /> <br /> <br />
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E
<br /> <br /> Il me paraissait important d'écrire un texte sur ces enfants qui souffrent d'un handicap qu'ils ne méritent pas... C'est en leur honneur que je l'ai composé.<br /> <br /> <br /> Amitiés<br /> <br /> <br /> <br />
R
<br /> <br /> J'ai été émue aux larmes en lisant ton texte. Une merveille de sensibilité. Bisous.<br /> <br /> <br /> <br />
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E
<br /> <br /> Merci ! Bisous aussi.<br /> <br /> <br /> <br />
C
<br /> <br /> Cet écrit est très émouvant, Eryndel. Il y avait tant d'attente dans l'esprit de cet enfant... L'impuissance face à la maladie est bien présente dans ce texte.<br /> <br /> <br /> C'est très touchant.<br /> <br /> <br /> Douce fin de journée,<br /> <br /> <br /> Bises,<br /> <br /> <br /> Cathy.<br /> <br /> <br /> <br />
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E
<br /> <br /> Merci Cathy. De fait, cet enfant attend beaucoup, et s'il sourit après la mort, c'est  parce qu'en un sens, il a été exaucé : il ne souffre plus, désormais.<br /> <br /> <br /> Bonne fin de journée à toi aussi.<br /> <br /> <br /> <br />
A
<br /> <br /> puisque tu aimes la poésie ...<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Des yeux bleus, des blessures<br /> <br /> <br /> Un regard qui perce les murs<br /> <br /> <br /> Elle traverse le monde<br /> <br /> <br /> Se cognant aux, autres à leurs armures<br /> <br /> <br /> Elle fait semblant<br /> <br /> <br /> Souvent<br /> <br /> <br /> Elle joue le jeu<br /> <br /> <br /> Et se brûle à petit feu<br /> <br /> <br /> Et ces autres, ces miroirs<br /> <br /> <br /> Lui renvoient une image<br /> <br /> <br /> Celle d’une fille trop sage<br /> <br /> <br /> Ces autres qui ne voient pas<br /> <br /> <br /> Ce qu’elle n’est pas<br /> <br /> <br /> Elle use parfois de mensonges<br /> <br /> <br /> Se cache, s’enfonce,<br /> <br /> <br /> S’arrache<br /> <br /> <br /> Des bouts de peau<br /> <br /> <br /> Les oripeaux de son espoir<br /> <br /> <br /> Il lui suffit de presque rien de pas grand-chose<br /> <br /> <br /> Ne pas croire que la vie est ainsi, morose<br /> <br /> <br /> Que l’abandon peut s’dépasser<br /> <br /> <br /> Qu’il sera là au creux d’elle même<br /> <br /> <br /> Qu’il lui est vain de faire comme si<br /> <br /> <br /> Mais que le temps,la vie<br /> <br /> <br /> Au creux d’elle ..  aime<br /> <br /> <br /> Saura t’elle prendre le temps<br /> <br /> <br /> Ne pas vouloir aller trop vite<br /> <br /> <br /> Confondre l’illusion et la fuite<br /> <br /> <br /> À mon avis il lui faut se prendre en main<br /> <br /> <br /> Sinon il n’y aura pas de « demain »<br /> <br /> <br /> Or, demain l’attend<br /> <br /> <br /> Elle ne sait pas encore ni qui, ni comment<br /> <br /> <br /> Mais il est là<br /> <br /> <br /> La compassion ne suffit pas<br /> <br /> <br /> Elle a besoin de se comprendre<br /> <br /> <br /> C’est à ce prix qu’elle grandira<br /> <br /> <br /> Aux yeux des autres et puis aux sien<br /> <br /> <br /> De ses yeux bleus<br /> <br /> <br /> <br />
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E
<br /> <br /> Merci, j'aime beaucoup ! Bonne journée.<br /> <br /> <br /> <br />